GR 70 : grande randonnée sur le chemin de Stevenson

2019 – Me voilà sur le GR 70 dans les Cévennes pour une randonnée sur le chemin de Stevenson. Je ne ferai que quelques jours de marche depuis Le-Pont-de-Montvert jusqu’à l’abbaye Notre Dame des Neiges pour une première incursion dans cette région entre la Lozère, le Gévaudan, le mont Lozère et les Cévennes.

Le GR 70 en quelques mots

En 1878, l’écrivain Robert Louis Stevenson accompagné de son ânesse Modestine part randonner dans la région des Cévennes. Suite à cette épopée dans le pays des camisards, il publiera « Voyage avec un âne dans les Cévennes ».

Panneau GR 70 Stevenson

CamisardNom donné aux protestants français (les huguenots) dans la région des Cévennes. Ce nom proviendrait du terme occitan camisa pour les simples chemises portés par ces « gens du peuple ».

L’itinéraire du GR70 correspond à peu près à celui emprunté par Robert Louis à l’époque. Il travers 4 régions que sont le Velay, le Gévaudan (et sa fameuse bête), le mont Lozère et les Cévennes. Le GR 70 s’étale logiquement sur environ 12 jours pour 272 kms. De mon côté, je ne ferai que quelques jours sur ce chemin de grande randonnée. J’ai également opté pour le faire dans le sens inverse afin de pouvoir terminer par une étape « détente ».

Jour 0 / Le-Pont-de-Montvert : ma ville de départ

Mon point de départ est le village : Le-Pont-de-Montvert. Cela ne vous dit rien ? Et pourtant j’ai découvert que ce village était célèbre pour avoir été le point de départ de la guerre des camisards, le 24 juillet 1702, suite à l’exécution punitive de l’abbé du Chayla connu pour être un tortionnaire.

Village Le Pont de Montvert, protestants et camisards

Toiture des Cévennes

Je me balade dans le village où se trouve une petite église et un temple protestant. J’apprends que le village est à majorité protestant. Je me plonge donc dans cette période historique avec la Guerre de Religion (catholiques vs protestants), l’édit de Nantes, les assemblées du désert (réunions protestantes clandestines) ou les dragonnades (expédition punitive des unités militaires sous Louis XIV).

Le soir, à l’auberge des Cévennes, je m’explose littéralement le ventre avec un excellent repas : soupe, veau marengo, fromages locaux et desserts maison.

Jour 1 / Pont-de-Monvert jusqu’à Le Bleymard

Réveil matinal, il fait beau mais très frais ! Je sais que cette journée va être dure car c’est ma reprise et l’étape est considérée comme la plus dure du GR.

Après un petit déjeuner tranquille au café, je sors du village et je me rends compte que je me suis trompé de GR… Demi-tour toute ! Je prend enfin de la hauteur mais après quelques pas, je suis bloqué par un troupeau de vaches … Je ne suis pas prêt d’arriver !

GR 70 chemin dans les Cévennes

J’arrive enfin au petit village de Finiels « indemne de tuberculose ». Je découvre que certaines pierres tombales se trouvent dans le jardin des maisons. Cela découle de la révocation de l’Édit de Nantes en 1685 qui interdit le culte protestant. Ainsi, certains « cimetières de familles » ont vu le jour et perdurent encore dans certaines régions. J’éprouve une sensation très particulière.

Tuberculose des Cévennes

Finiels, cimetière de familles pour les protestants et les camisards

Après cette confrontation historique, j’attaque l’ascension vers le sommet de Finiels (1 699 mètres). Le vent est particulièrement fort lorsque j’arrive sur la crête nue du pic Finiels. Ce dernier est le point culminant du mont Lozère mais également de la Lozère et des Cévennes.

Vue depuis le mont Lozère sur le GR 70

Randonnée sur le sommet de Finiels et le mont Lozère

GR 70 balise au pic Finiels

Je ne m’attarde pas là-haut bien qu’une rencontre avec un « chien-chacal » me fascine. J’accélère le rythme pour descendre vers la station du Mont Lozère. La descente est balisée par les montjoies érigées par les pèlerins de l’époque.

Montjoies sur le chemin de Stevenson

MontjoieMonceau de pierres entassées, tas de terre et de cailloux pour marquer les chemins. Ls pèlerins y plantaient des croix pour marquer le lieu de pèlerinage.

La descente est sans grand intérêt. J’arrive au gîte en auto-gestion « Chez le Poulitou » pour me préparer un plat local : l’aligot à base de purée de pommes de terre, de tome fraîche, de crème, de beurre et d’ail. Un régal !

Jour 2 / Du Bleymard à Chasseradès

Malgré l’aligot de la veille, je me réveille affamé et les jambes un peu douloureuses. Rapide passage à la boulangerie du coin avant de me diriger vers Les Alpiers. Durant la marche, je prends le temps de regarder les arbres et d’essayer de deviner l’essence. Je remonte doucement le Lot avant d’arriver à la source du Lot. La deuxième rivière de France prend sa source dans une tourbière.

Panneau de la source du Lot

Tourbière de la source du Lot

Il y a toujours un grand ciel bleu et un beau soleil mais le vent est encore plus glacial que la veille ! Je monte, je descends, je remonte … Les paysages ne sont pas aussi magnifique qu’hier mais les changements de nature sont intéressants à détecter. Après une bonne descente, j’arrive vers le village de Mirandol.

Chemin de pâturage en Lozère

Mirandol le nouvel Hollywood

Proche de Mirandol, je découvre les rails et un très beau viaduc ferroviaire. Je me crois presque dans le Harry Potter à la française … bon d’accord, j’en rajoute un peu ! Je poursuis encore quelques kilomètres pour arriver à Chasseradès et à l’Hôtel des Sources. J’y dégusterai un repas copieux à base de caille ! 

Rail pittoresque vers Mirandol

Viaduc ferroviaire de Mirandol

Jour 3 / De Chasseradès à Notre Dame des Neiges

Les jambes vont mieux et le vent est moins glacial … A travers un paysage très joli et bucolique, je grimpe vers « Les Taillades » où un parc éolien est en construction. Je reste fasciné par ces moulins à vent des temps modernes ! Bon, niveau randonnée, la piste de chantier est très, très, très monotone … La descente vers La Bastide sous un beau soleil est très agréable. Les arbres (feuillus et résineux) arborent de belles nuances de couleur. Vert foncé, vert clair, un vrai « 50 nuances de vert » !  J

Boeuf de l'Aubrac

Champ d'éoliennes Les Taillades

50 nuances de vert dans les forêts de Cévennes

En fin de journée, j’arrive à ma destination : l’Abbaye Notre-Dame des Neiges.Située à 1 100 mètres d’altitude dans la montagne ardéchoise, l’abbaye a été fondée en 1850 par des moines cisterciens-trappistes. Stevenson y séjourna et relate son séjour dans son livre. Je découvre la boutique, l’église (trop récente à mon gout), la vidéo sur la vie des moines avant un diner collaboratif et une nuit dans « la Maison de Zachée« .

Arrivée à l'abbaye Notre Dame des Neiges

Abbaye des moines cisterciens trappistes

Notre Dame des Neiges, accès réservé aux moins

Jour 4 / Repos du guerrier à Saint Laurent les Bains

Après une nuit monastique, je quitte l’abbaye et le GR 70 pour m’accorder un moment de détente. Il pleut et il fait frais mais je me dirige vers les thermes de Saint-Laurent-les-Bains. J’y passe l’après-midi entre bain de bulles, jets (violents) dans le dos, bain de boue en flottaison grâce au kaolin, hammam et piscine d’eau chaude …

Tour proche des thermes de Saint Laurent les Bains

Je termine ainsi mes quelques jours de marche sur le GR 70 sur les traces de Stevenson.

GR 70 : quelques liens utiles

Pour préparer son parcours et ses étapes, je vous conseille le site pratique de l’association « Sur le chemin de Robert Louis Stevenson ».

Gevaudan, ici on boit, ici on dort

Au niveau de mes nuits, j’ai donc dormi aux endroits suivants :

Pour ceux qui veulent également se détendre, je vous invite à aller voir le site des Thermes de Saint-Laurent-les-Bains.

Avez-vous déjà randonner sur le GR 70 sur le chemin de Stevenson ? Quels sont vos plus beaux souvenirs ?

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