Expo 2015 : Flop 3 des pavillons

Le 21 juin, jour de la fête de la musique, nous nous sommes rendus à l’Exposition universelle qui se tient à Milan depuis le 1er mai et jusqu’au 31 octobre 2015. Dans un prochain article, nous vous présenterons les pavillons qui nous ont plus. En attendant, voici les pavillons, parmi ceux que nous avons visités, qui nous ont le plus déçus.

Notre flop 3 de l’Expo 2015

Turkménistan – Water is life

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Alors que l’ensemble des pavillons semblent avoir été réalisés avec des matériaux renouvelables et/ou dont l’impact environnemental est réduit, le pavillon du Turkménistan fait exception. Bling bling au possible, il propose une rapide présentation des denrées alimentaires produites dans le pays, l’artisanat (notamment le tissage de tapis) du pays et les technologies du pays, mais le pavillon turkmène est avant tout un prétexte pour mettre en avant son dirigeant : Gurbanguly Berdimuhamedow sur un cheval, à son bureau, etc. .

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Notre avis sur « L’eau est la vie »

Nous n’avons rien appris de particulier (aucune réponse n’est apportée au thème d’Expo 2015) et avons eu l’impression que ce pavillon, au vu de sa réalisation, n’avait pas vraiment sa place sur un évènement axé sur la durabilité. Il montre plutôt la mégalomanie de son dirigeant et surtout une puissance en devenir qui est en train d’investir énormément actuellement.

Thaïlande – Nourishing and Delighting the World

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Invités par le pavillon français à Expo 2015, nous avons eu droit à un accueil de choix au pavillon thaïlandais. Au vu du monde qui attendait pour le visiter, nous nous sommes dit qu’il devait vraiment valoir le détour. Au programme, trois animations multimédia.

Le Royaume du Siam a choisi de mettre à l’honneur la technologie pour répondre au thème d’Expo 2015. Toutefois, nous n’avons été convaincus ni par les technologies présentées (retour dans les années 90) ni par la mise en avant de l’industrie agroalimentaire du future selon la Thaïlande. En effet, élevage hors-sol et intensif, utilisation systématique d’engrais et de pesticides, recours à la géo-ingénierie* avec la pulvérisation de d’argent dans l’air pour déclencher des précipitations, consommation à outrance de produits alimentaires transformés au détriment des produits frais, adoption des produits à usage unique et/ou emballés individuellement, etc. constituent selon la Thaïlande la meilleure façon de nourrir la planète.

Géo-ingénierieLa géo-ingénierie est décrite comme étant un ensemble de techniques et de savoir-faire technologiques visant à modifier le climat et l’environnement à grande échelle. Quelques exemples fous : sulfate de fers pour développer le plancton, parasol spatial pour diminuer les rayons solaires et diminuer l’effet de serre, puits de carbone, et autres.

L’avis de Tatiana sur « Nourrir et régaler le monde »

Mimer les pays occidentaux sans prendre de recul par rapport aux problèmes auxquels ils font face aujourd’hui est, selon moi, une grave erreur. Je comprends tout à fait que les pays émergents souhaitent profiter de « leur part du gâteau », améliorer leurs conditions de vie et accroître leur confort, mais je suis convaincue que cela ne doit pas passer par l’adoption aveugle des technologies et des comportements développés en Occident depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Je ne suis pas opposée aux technologies et au progrès, mais j’aimerais qu’elles soient questionnées, que leur plus-value soit évaluée et que leurs externalités soient prises en considération (notamment les impacts sur l’environnement, sur la santé, le développement local, etc.).

Enfin, Expo 2015 se tient dans le Nord de l’Italie, berceau du Slow Food. La Thaïlande possède l’une des cuisines les plus raffinées du monde. Nous avons été très déçus par le fait que cette dernière ait comme vitrine des plats surgelés et sous-vide dans la boutique du pavillon.

Qatar – Seeding Sustainability Innovative Solutions for Food Security

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Le pavillon du Qatar est le dernier que nous ayons visité. C’est sans doute pour cela que nous sommes assez durs dans notre jugement. Peut-être une histoire de fatigue.

L’avis de Romain sur « Planter des solutions innovantes et durables pour la sécurité alimentaire »

Alors que le pavillon des Émirats arabes unis affichait complet et semblait très attractif avec des émiratis se laissant aller aux jeux des photos de touristes, celui du Qatar était tout autre.

A l’intérieur, l’accueil réservé aux visiteurs est froid et quasi uniquement en Italien. Le personnel ne semble pas très investi à mettre en avant ce pays, ses technologies et ses traditions. D’ailleurs, il semblerait qu’aucun Qatari ne soit présent – le personnel est, nous pensons, 100% italien. L’Expo 2015 a ouvert ses portes un mois et demi avant notre visite, mais le pavillon montre déjà des signes de vieillesse.

Les différents stands sont très peu développés malgré des thèmes intéressants à traiter : désalinisation de l’eau de mer, agriculture sous serre, importations de nourriture, investissement dans le sport (dans des clubs de foot notamment), etc.

Je ne suis pas fan de la désalinisation de l’eau de mer telle qu’elle est faite actuellement car cette dernière demande une énorme quantité d’énergie, c’est pourquoi le Qatar est l’un des rares pays capable de le faire. Ensuite, prôner une vie saine en avançant le fait que le Qatar investit dans le sport … c’est quand même tirer par les cheveux non ?

Enfin, côté animation, l’animation 2.0 proposée dans une sorte de tour est, selon moi, catastrophique d’un point de vue graphie. Elle évoque la future transition du pays du pétrole vers l’énergie « verte » … ??

Vous l’aurez compris, nous avons trouvé qu’au vu des moyens dont dispose ce pays, son pavillon est un pied de nez à l’événement !

sources photos : certaines photos sont de nous, d’autres proviennent des services presse concernés et du site http://www.expo2015.org

2 commentaires

  • JF dit :

    Tatiana, tu écris « Je ne suis pas opposée aux technologies et au progrès, mais j’aimerais qu’elles soient questionnées, que leur plus-value soit évaluée et que leurs externalités soient prises en considération (notamment les impacts sur l’environnement, sur la santé, le développement local, etc.). »
    Moi aussi j’aimerais tout ça mais c’est un vœu pieux dans la mesure où nous sommes dans un monde capitaliste et que la prise en compte des impacts environnementales et sanitaires compromettent la rentabilité à court terme des industries. Business is business …
    De plus, nous pourrions discuter de la notion de « progrès » … mais là il est trop tard ; )))

    De façon moins consensuel, je dirais plutôt que je suis opposé aux technologies et au progrès à partir du moment où ceux-ci nuisent à l’environnement, à la santé et aux développements humains (je ne parle pas de développements financiers).

  • Vadrouille et Tambouille dit :

    Certains disent que je suis utopiste … je préfère me dire optimiste et penser que cela arrivera dans un futur que je souhaite le plus proche possible.

    Je préfère voir le verre à moitié plein 🙂 et me dis que même si en tant qu’individu je ne suis qu’une goutte d’eau dans la mer, la somme des gouttes d’eau peut avoir de l’influence.

    En tout cas, je préfère voir les choses comme ça plutôt que d’une façon négative. Que les choses changent ou non, au moins, c’est, pour moi, au quotidien, moins déprimant.

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