Trek Manaslu : d’Arughat Bazar à Lihi

Après 8 h de bus plus ou moins chaotiques sous un soleil de plomb, Keren, Katie, Gopal et moi arrivons à Arughat Bazar. Pour ce premier arrêt, nous faisons confiance à notre guide pour le choix de notre hôtel. Ce n’est pas une franche réussite, nous choisirons dorénavant nous mêmes nos hébergements. En route sur le circuit du Manaslu !

En route vers Arughat Bazar

J – 1 : 7h30. Rendez-vous est pris avec notre petite bande devant l’agence de trek. J’attends tout le monde en mangeant ma dernière viennoiserie avant un long moment. Quand nous arrivons à la station de bus, un large sourire se dessine sur mes lèvres : notre taxi s’arrête devant un bus flambant neuf. Malheureusement, Gopal décharge nos sacs et part en direction d’un bus local « classique ».

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Le confort, ça sera pour la prochaine fois. Nos sacs sont placés sur le toit du bus et nous prenons place. Nous sommes chanceuses, Gopal nous a réservé des places à l’avant du bus = plus de douceurs pour nos estomacs. Vers 10h, ces derniers commencent d’ailleurs à se réveiller. C’est l’heure du dal bhat. Nous nous arrêtons ensuite à Gorkha, sans doute pour que notre chauffeur reprenne des forces avant d’affronter les 40 derniers kilomètres qui nous séparent d’Arughat Bazar. En effet, à partir de maintenant, nous quittons le bitume pour un chemin de terre. Nous traversons de charmants villages et les vues sont de plus en plus jolies.

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Vers 16h30/17h, nous arrivons à destination. Gopal nous emmène dans un hôtel, soit disant le seul d’Arughat, assez classe pour la région. Il ne reste plus qu’une chambre avec salle de bain privée et télévision. Un luxe qu’on ne pensait pas trouver au cours des 15-20 prochains jours. Alors que les filles utilisent le wifi pour la dernière fois, je tente de prendre une douche chaude … OUPS, pas de lumière dans la salle de bain ni d’eau chaude. Le manager me dit que le chauffe-eau solaire ne marche pas. Je commence donc ma série de douches froides.

J 1 – d’Arughat Bazar (608 m) à Lapubesi (884 m)

Ça y est, le trek commence vraiment. Les filles n’ont pas encore l’habitude de faire leur sac, du coup, nous partons un peu plus tard que ce que nous avions prévu. Ce n’est pas bien grave. Cette première journée est censée être facile. Il n’est même pas 9h qu’il fait déjà très chaud, mais la beauté de la vallée me donne le sourire.

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Je sais que nos amis suisses rencontrés au Laos sont en chemin, quelque part devant nous. J’avance donc un peu devant mon groupe pour tenter de les rattraper. Quelques kilomètres plus loin, je vois la frimousse de Morgan et de ses parents, Viviane et Joël. Nous ferons un bon bout de chemin ensemble : eux partent vers la vallée Stum et nous vers le circuit du Manaslu. Toutefois les 4-5 premiers jours de treks sont communs aux deux itinéraires.

Katie, Keren et Gopal nous rejoignent. Keren ne se sent pas très bien. Elle troque son sac avec celui de Gopal, bien plus léger. Katie et moi avançons un peu devant jusqu’au lieu du déjeuner. Nous faisons connaissance avec un couple de Néo-Zélandais et déjeunons avec les Suisses. Keren se sent de plus en plus mal mais est motivée à continuer.

Après le déjeuner, je pars donc devant pour marcher à mon rythme. La vue est de plus en plus jolie et je vois le paysage changer. Nous avons quitté la vallée verdoyante pour des forêts. Malheureusement, les nuages et les averses ont remplacé le soleil du matin.

Gopal nous avait prévenu. Le circuit du Manaslu est une succession de montées et de descentes … Je peux le constater dès le premier jour. Mais, ce que Gopal a oublié de nous dire c’est que nous devrions monter un escalier raide à flanc de montagne : une bonne centaine de marches sur une corniche à plus de 50 mètres de haut.

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Je prends mon courage à deux mains, me colle à la paroi et grimpe rapidement mais sûrement.

En fin d’après-midi, j’arrive la première à Lapubesi où je prends un thé en attendant mon groupe. Keren se sent un peu mieux en arrivant. Nous espérons tous que son état s’améliore pendant la nuit. A 20h, nous sommes toutes au lit.

J 2 – de Lapubesi (884 m) à Dovan (1 070 m)

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6h, j’ouvre les yeux. Après un bon petit déjeuner, nous commençons tranquillement notre marche de la journée en compagnie des Suisses et d’un couple néo-zélandais. D’ailleurs, par moment, le paysage me rappelle celui de leurs îles !

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En début d’après-midi, nous arrivons à Tatopani, littéralement « eau chaude » en Népalais. Je repense à celles du circuit ABC, ses trois bassins, sa douche, etc.  Ici, rien de tout cela. La source d’eau chaude s’apparente à une douche en plein air (au beau milieu du chemin) où les villageois se lavent, mais y font également leur linge et la vaisselle. Du coup, nous passons la douche chaude et décidons de continuer notre route vers le prochain village … et une douche froide !

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Après la douche, je file me promener autour de la lodge et découvre un moulin à farine à l’ancienne – ici de maïs.

J 3 – de Dovan (1 170 m) à Philim (1 510 m)

La rivière coule à quelques mètres en contrebas de notre chambre. Le bruit de l’eau m’a bercé toute la nuit.

La marche de la matinée est encore une fois magnifique (les nuages pointent leur nez en général aux alentours de 14h).

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Avant Saleri, premier check point (le premier d’une longue série) : nous entrons dans la zone du Manaslu. Dorénavant, notre temps est compté (chaque jour supplémentaire nous sera facturé). Nous quittons également les terres Gurung pour entrer en terre tibétaine. Les stupas font leur apparition, les visages et les tenues des personnes que nous croissons changent également. Les sourires se font aussi plus nombreux et, j’ai l’impression, plus authentiques et sincères.

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Saleri

Après le déjeuner, nous reprenons la route sous une pluie fine. J’enfile mon super poncho poubelle et avance devant mon groupe (comme à mon habitude).

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Je ne suis pas la seule à chercher un petit endroit pour m’abriter …

Le temps n’est certes pas clément, mais les vues n’en demeurent pas moins sublimes, un brin dramatiques … tout comme les ponts (pour le moment, ils sont mi-acier, mi-bois, tout va bien) …

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Arrivée au village, je file sous la douche (elle est solaire donc TIEDE !) avant de faire des emplettes dans les deux trois échoppes du village : Coconut Crunches et nouilles chinoises. Un petit plaisir pour les coups de pompe.

J 4 – De Philim (1 510 m) à Bihi Phedi (2 000 m)

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Aujourd’hui, je passe le début de matinée avec les Suisses (Morgan, Viviane et Joël) car nos routes se séparent : je continue sur le circuit du Manaslu alors qu’ils vont découvrir la vallée Tsum.

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Après leur avoir dit au-revoir, nous poursuivons notre chemin à flanc de montagne dans un paysage de canyon. Je ne sais plus très bien si je suis au Canada ou au Népal.

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A un moment, je stoppe brutalement mon avancée … Je suis nez-à-nez avec un vieux pont suspendu en bois … Ma bête noire … J’attends Keren, Katie et Gopal pour traverser avec eux car je ne fais pas la maligne. Nous devons d’ailleurs nous dépêcher car un troupeau de chèvres est à nos trousses.

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Après le repas, après avoir traverser quelques ponts supplémentaires, je me trouve à nouveau nez-à-nez avec un obstacle de taille : une échelle népalaise. J’ai choisi d’emprunter un raccourci (que les porteurs prennent aussi …) et je dois maintenant gravir cette échelle avec un sac d’environ 10 kg sur mon dos, le tout, sans basculer en arrière.

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Le temps est à la grisaille, mais j’arrive à rejoindre la lodge avant que les gouttes ne tombent. Même si le vent est très frais, que les températures ne sont pas élevées, je prends une douche froide. C’est dur sur le moment, mais c’est tellement agréable de se sentir propre.

J 5 – De Bihi Phedi (2 000 m) à Lihi (2 900 m)

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Une grosse journée nous attend : nous dormirons 900 m plus haut ce soir et nous allons (encore) monter, descendre, monter, descendre pour atteindre Lihi. Comme toujours depuis le début de ce trek, le soleil est au rendez-vous ce matin. Nous sommes coincés entre deux flancs de montagne et nous apercevons nos premiers hauts sommets. MAGIQUE.

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Au-delà des sourires et des tashi delek échangés avec les Tibétains, le highlight de ma journée est sans conteste le dal bhat du déjeune, sans doute l’un des meilleurs mangés au Népal : poêlée de légumes verts chinois au gingembre, curry épicé de haricots rouges, pommes de terres sautées, condiments et dal à la coriandre. Je suis aux anges ! J’en viens même à me dire que si je ne peux pas franchir le col du Larke, au moins, je pourrais revenir ici manger un bon dal baht !

Après les stupas un peu plus bas dans la montagnes, nous croisons désormais des maisons typiques des hauteurs et des manis, murs de prières.

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La journée est longue. Le temps se couvre. Nous traversons nos premières coulées d’avalanches … à moins de 2 900 m … Ce n’est pas encourageant pour la suite.

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Quand j’arrive vers 15h à Lihi, je me dis qu’il est sage d’attendre Keren, Katie et Gopal car je ne suis pas sûre que les filles soient motivées à continuer jusqu’au prochain village comme prévu. De toutes façons, il fait moche. En revanche, à Lihi, pas de lodge comme nous en avions l’habitude. Ce soir, c’est soirée rustique. Le menu est très élaboré, comme à chaque fois, mais nous nous disons qu’il vaut mieux en rester aux valeurs sûres. Nous commandons un dal bhat … qui sera certes rassasiant, mais pas très goutu. Dommage…

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