Partir, entre envies et blocages

Année 2013 – C’est bon, nous avons pris la décision de partir en tour du monde. Nous aimerions maintenant vous faire partager nos réflexions d’avant-voyage sur la « bataille mentale » qui suit cette prise de décision. En effet, nous avons été, et nous le serons sans doute jusqu’au départ, tiraillé entre l’euphorie de la réalisation d’un rêve et toutes les raisons possibles (oui oui) de ne pas partir, de construire une carrière et de vivre « normalement ».

Partir au long cours, pour ou contre ?

Commençons, si vous le voulez bien, par les arguments qui nous poussent à partir à la découverte du monde. Avant toute chose, il nous semble important de dire que toute personne qui a décidé de partir peut trouver trouvera mille et une bonnes raisons de justifier ou d’expliquer son choix. Voici les nôtres.

  • le goût des découvertes et la soif d’apprendre,
  • le sentiment de liberté que nous ressentons lorsque nous n’avons plus d’attaches,
  • la capacité à se forger notre propre vision du monde,
  • les rencontres et les expériences que nous ne ferions pas si nous restions tranquillement assis dans notre canapé,
  • l’envie de « profiter » et de donner du sens à nos vies.

Si, aujourd’hui, partir est pour nous une évidence, voici les éléments qui auraient pu nous freiner …

Quitter sa routine, sortir de sa zone de confort et la peur de l’inconnu

Passage parisien

Ce frein, strictement personnel, peut entraîner chez beaucoup de personnes un sentiment de malaise et leur donne de très bons arguments pour ne pas se donner les moyens de réaliser certains projets. Combien de fois des phrases comme « Est-ce bien raisonnable ? », « Nous avons encore tant de choses à faire ici ! », « Je n’y arriverai pas, ce n’est pas pour moi », « Pourquoi tout quitter ? », « Qu’allons-nous faire en rentrant ? », « Comment vais-je vire sans télé ou sans mon lit? » nous ont traversé l’esprit. Cette peur de l’inconnu et la notion du confort à l’occidental nous empêchent bien trop souvent de nous lancer.

Notre avis sur la question : L’envie de donner un sens à ce que nous faisons, à ce que nous sommes est très forte. Même si le confort dans lequel nous vivons est très agréable, nous ne nous reconnaissons pas entièrement dans notre mode de vie actuel … mais comme l’a dit Che Guevara : « Soyez réaliste, demandez l’impossible. »

Le jugement de l’entourage et/ou de la famille

Notre demeure en Australie

Nous ne parlons pas ici de ceux qui vous prendront pour des explorateurs ou des baroudeurs et donc qui vous encourageront à partir, tenteront de vous aider et vous envieront même (pour certains). Nous parlons davantage de ceux qui, même sans le vouloir, vous mettront une pression énorme pour « éviter de foutre votre vie en l’air », qui vous rappelleront que « pour réussir dans la vie, il faut travailler, économiser et penser à sa retraite ! » et que « ce projet ne vous permettra pas d’accéder à une vie stable car vous serez totalement déconnecté de la réalité et du monde du travail ! ».

Notre avis sur la question : Nous remercions grandement toutes les personnes qui nous encouragent et bien entendu cela serait mentir de dire que l’éloignement de la famille sera facile à gérer, mais toute action a un coût. Puis, nous répondons aux autres que si le fait de se donner les moyens de réaliser son rêve équivaut à se déconnecter de la réalité, alors nous ne vivons pas dans la même réalité. Certes, il peut être difficile de tout lâcher et de s’engager dans un tel périple, mais c’est ce que nous aimons justement. Se lancer des défis, se prouver que cela est réalisable en se remémorant les paroles de Mark Twain « Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait. »

La carrière et la réussite professionnelle

Dubaï la moderne

En ce contexte de « crise », il est parfois difficile de laisser derrière soi un CDI ou de mettre entre parenthèses sa carrière. Pour beaucoup, un tel voyage est synonyme d’instabilité et de future précarité, essentiellement financière. Le voyage au long cours est souvent perçu comme, au mieux, une parenthèse dans la vie professionnelle, ou plus généralement, une période de sa vie qui ne pourra pas être valorisée professionnellement parlant, donc, en somme, inutile.

Notre avis sur la question : Contrairement à Henri Salvador, nous ne pensons pas que « le travail, c’est la santé ». Cela ne veut pas dire que nous n’aimons pas travailler, mais nous souhaitons avant tout nous épanouir via notre activité professionnelle et avoir l’impression que cette activité est utile à la société. Le voyage, comme nous l’envisageons, est l’occasion de nous ouvrir à d’autres choses. C’est pourquoi, au fil de notre tour du monde, nous souhaitons découvrir des initiatives de développement durable et mieux appréhender les réalités socio-environnementales du monde dans le but de revenir enrichis « professionnellement» parlant. Mais pour nous, préparer et vivre un tour du monde, c’est aussi :

  • faire preuve de détermination
  • solliciter ses compétences de gestionnaire (notamment pour résoudre la question budgétaire)
  • s’adapter et s’ouvrir aux autres

Ces compétences sont-elles vraiment inutiles aux yeux d’un recruteur ?

Faut-il être Crésus pour faire un tour du monde ?

Feuilles d'or de Birmanie

Pour beaucoup, voyager autour du monde est synonyme de budget colossal. Régulièrement, lorsque nous évoquons notre projet, nos interlocuteurs nous rétorquent que nous sommes chanceux. Certains se posent la question de savoir si nos parents financent notre projet, si nous avons hérité ou si nous avons des boulots tellement bien payés que nous pouvons, après deux ans de vie active, tout quitter. Or, il faut savoir qu’un tour du monde, selon vos envies, votre besoin de confort et votre capacité à organiser les choses, ne coûte guère plus qu’une voiture neuve. Pas la dernière berline allemande toute équipée, mais une 4 places d’un constructeur français. Suite à nos recherches, un budget classique, pour un tour du monde composé d’une dizaine / douzaine de vols revient à 15 000 euros par personne pour environ 10-14 mois. C’est une somme, mais cela représente 5 années d’économies à raison de 250 euros mis de côté chaque mois ou encore, sur 4 ans à :

  • 2 iPhones (le premier vous a été volé dans le métro ou a été victime d’obsolescence programmée)
  • 1 semaine par an de vacances au ski
  • 2 semaines par an de vacances sur la côte d’Azur
  • 1 paire de UGG par hiver
  • 2 jeans de marque par an
  • 2 cocktails / 2 pints de bière par semaine dans un bar parisien
  • 1 équipement home cinéma
  • 4 plats Picard par semaine

Notre avis sur la question : Comment avons-nous pu économiser suffisamment pour nous payer un tel voyage ? C’est très simple. Nous sommes de bons gestionnaires et savons tirer le maximum de ce que nous avons.

Nous vivons à Paris, mangeons bio et sortons avec nos amis, mais nous avons également été capables de mettre de côté le budget nécessaire à la concrétisation d’un rêve sans pour autant avoir un salaire qui dépasse les 2 000 euros mensuels. Il faut surtout préciser que nous ne sommes aucunement accro à la consommation et au shopping. Nous préférons de loin la qualité à la quantité et nous sommes adeptes du « fait maison ». Nous réalisons ainsi des économies substantielles.

Ensuite, pour cette aventure, nous nous en tiendrons à un petit budget, sans aucun doute plus restreint qu’un budget tour du monde classique. Pourquoi ? Parce que nous n’avons pas beaucoup de fonds propres. Comment allons-nous faire dans la mesure où nous souhaitons partir plusieurs années ?

Dans un premier temps, nous espérons pouvoir valoriser le travail que nous allons réaliser sur ce blog. Nos découvertes pourront sans doute intéresser des structures qui souhaiteront en retour nous soutenir. Aussi, nous n’excluons pas la possibilité de travailler un peu en route. Nous ne sommes pas pressés de rentrer, donc si des opportunités s’offrent à nous sur la route, nous les saisirons.

Quelles sont les questions que les gens vous posent ? Quels sont les obstacles qui vous empêchent de réaliser certains projets (de voyage ou autres) ? Partagez votre expérience avec nous !

4 commentaires

  • Natie dit :

    Je suis totalement du côté des gens qui ont confiance en votre voyage et qui vous envient un peu aussi, il faut l’avouer. Je vais suivre de très près vos aventures sur le blog. Bisous et bon vent !

  • Mat et Alex dit :

    Salut Tat et Rom !

    Nous nous sommes croisés dans Kakadu Park, nous dormions dans une voiture de location bien plus petite qu’Escalope, et il semble que nous partageons le même rêve. Vous êtes sur le point de l’accomplir alors bravo et profitez bien !

    Nous n’avons pas abandonné le voyage nous non plus, si vous voulez voir quelques photos de nos périples (avec un gros coup de cœur pour la Chine!) : http://www.flickr.com/photos/mathyeu/

    Nous suivrons toutes vos aventures via votre blog avec grand intérêt.

    Bon vent,

    Mat et Alex

  • Vadrouille et Tambouille dit :

    Quelle surprise !
    Merci beaucoup pour votre commentaire. C’est drôle, car il n’y a pas longtemps, nous parlions de vous et nous étions déçus de ne pas avoir récupéré vos adresses email.
    Je file regarder vos photos.

    Tatiana

  • Vadrouille et Tambouille dit :

    Qui sait, on se croisera peut-être en voyage 🙂

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