Trek vers Gokyo : passage du Renjo La

Finalement, comme nous nous sentions en forme et que nous avions déjà atteint les 5 000 m (ou presque) lors de notre trek au Langtang, nous quittons Lumde (4 370 m) pour passer le col Renjo La.

J12 du trek : passage du Renjo La (5 360 m)

Un peu plus d’une dizaine d’heures sont nécessaires pour rejoindre Gokyo depuis Lumde en franchissant le Renjo La. Nous mettons notre réveil à 5h du matin pour quitter la lodge un peu avant 6h. Comme chaque nuit, je me suis réveillée à plusieurs reprises pour aller aux petits coins (il faut boire beaucoup en haute altitude). Dernier coup d’œil à la montre : 4h30. C’est bon, je peux refermer les yeux 30 minutes de plus … sauf que ni Rom ni moi n’entendrons le réveil de 5h … C’est en catastrophe que nous nous levons à 5h25, 5 minutes avant l’heure prévue du petit-déjeuner …

Nous quitterons finalement la lodge à 6h20 pour une longue et intense journée de marche, sans doute l’une des plus difficiles de ce trek.

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Au loin, nous apercevons pas mal de trekkers qui ont déjà commencé à monter. En quelques minutes, nous dépassons plusieurs groupes et rejoignons leurs porteurs. Nous nous sentons plutôt bien et avançons sans difficulté malgré la fraicheur du matin – le soleil n’est pas encore passé au-dessus des montagnes.

Arrivés au lac Relama (4 970m), le soleil nous rejoint. Nous en profitons pour faire une pause gourmande et enlever quelques couches de vêtements car, au soleil, il fait chaud (surtout que les rayons du soleil se réfléchissent sur la neige).

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Nos gourdes … il fait froid à l’ombre !

Lorsque nous atteignons le lac Angladumba (à environ 5 000m), nous formons deux équipes car Romain et moi avançons à des rythmes différents. Je marche derrière avec Subash (qui semble également profité des pauses que je fais) alors que Rom crapahute avec Polo à l’avant.

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Lac Angladumba

Le Renjo La vu par Tatiana

Sans être impossible ou douloureuse, l’ascension vers le Renjo La est intense. Je sens que l’oxygène n’est pas aussi présent que quelques centaines de mettre plus bas et j’ai besoin de faire des pauses pour récupérer mon souffle. Chacune de ces pauses, aussi agréable soit elle, me coupe les jambes. La reprise est donc à chaque fois un peu pénible.

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Les passages à l’ombre sont froids mais il est impossible d’accélérer pour retrouver le soleil car des plaques de glace se sont formées sur le chemin. Il faut donc procéder lentement. Je glisse à plusieurs reprises sans pour autant tomber !

Romain et Polo sont deux à trois lacets plus haut. Même s’ils avancent plus vite que Subash et moi, nous ne les perdrons jamais du regard. Eux aussi font des pauses, nous laissent des messages dans la neige et, à un moment, nous attendent. Quand ils repartent, ils sont en mesure de voir combien de lacets nous séparent du sommet (facilement identifiable grâce aux drapeaux de prières qui y sont tendus). Romain m’indique qu’il reste un bon bout. Ça me décourage un peu, mais je me relève et continue.

Mais, quelle bonne surprise ! Lorsque le col est de nouveau à porter de vue, je m’aperçois qu’il ne me reste que deux petits lacets avant d’arriver au sommet !

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Le Renjo La vu par Romain

En comparaison avec l’ascension au Langtang, je me sens extrêmement bien. Le début se fait à grande vitesse pour moi malgré la fraîcheur. Une fois le lac passé, je dois mettre des lunettes de soleil, ce que je déteste, car la réflexion de la neige est intense.

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Le début de l’ascension est assez dure niveau souffle mais avec Polo, nous nous donnons comme challenge de faire l’ascension avec seulement 3 pauses. La première pause est très longue à arriver et le cœur bat à vive allure. Je passe mon temps à inter-changer bonnet et casquette selon les passages, à l’ombre ou au soleil. La neige réfléchit énormément le soleil, ce qui donne l’impression de brûler parfois.

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La reprise après chaque pause se déroule de la manière suivante : les trois premiers pas sont faciles et me font croire que tout est tranquille, mais passé ce moment, le souffle devient court et les jambes extrêmement lourdes. Elles me donnent l’impression de plus répondre à mon envie de monter. Avec Palman, nous rigolons de cette sensation étrange !

Néanmoins, après les passages ultra-glissants, nous voyons le bout et j’avoue qu’une fois au sommet, la vue me fait complétement oublier la difficulté de cette montée.

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Le sommet et la descente vers Gokyo tous ensemble

Après environ 4h de marche, nous y sommes ! 1 000 m plus haut qu’au réveil. Même s’il y a pas mal de monde au sommet (les gens viennent principalement de l’autre versant), nous sommes sous le charme de la vue.

Quelle récompense !

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L’Everest dans toute sa splendeur !

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Nous avons un peu faim, mais nous passerons tous environ une demie heure à prendre plein de photos et à admirer la vue.

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Nous nous posons enfin pour manger notre second snack de la journée : chappatis avec des cacahouètes pour moi et aux Coconut Crunches pour les gars (des biscuits népalais).

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Puis, nous refaisons une séance photos avant de commencer la descente : nous devons rejoindre le village de Gokyo qui se trouve un peu plus de 500 m en contrebas.

Même si nous marchons sous un grand soleil, la neige est omniprésente. Les quelques zones d’ombre sur le chemin ont permis à la glace de se former, nous faisant faire quelques pirouettes. Romain en fera d’ailleurs les frais en chutant … sur sa main gauche, ce qui ravive la douleur de sa chute de cheval en Mongolie. Pour ma part, je fais pas mal de toboggan, préférant me geler les fesses plutôt que de tomber.

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Tout le long de la descente, ou presque, nous aurons le lac de Gokyo en ligne de mire. Mais malgré les heures qui passent, il ne semble pas se rapprocher de nous. Les genoux commencent à tirailler, le corps commence à fatiguer mais nous devons quand même avancer.

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Vers 15h, 15h30, environ 3h après avoir quitté le sommet du col, nous arrivons enfin au village. Même si Polo nous a devancé pour chercher une place dans une lodge, toutes semblent complètes. Nous obtenons la dernière chambre dans une d’entre elles en bord de lac. A priori, elle semble pas mal … A priori.

Ici, point de porteurs dans la salle à manger. Polo doit rester dehors … Ce qui ne nous plaît pas. Nous mangeons un bout avant de retourner nous poser au soleil avec Subash et Palman pour une partie de cartes endiablée. Mais, dès que le soleil passe derrière les montagnes aux alentours de 17h30, nous avons bien froid. A défaut de salle à manger, nous leur proposons de continuer la partie dans notre chambre. Mais Subash réussit à convaincre Didi de laisser Polo venir dans la salle commune.

nepal_trek_gokyo_5lakes (31)Cette photo n’est pas en noir et blanc

La fin de journée se passe comme d’habitude. Repas, cartes, lecture. Au moment d’aller nous coucher, nous demandons des couvertures. Mais notre requête ne sera pas acceptée … Je vois se profiler une nuit des plus froides.

Nous regagnons notre chambre. Il y fait froid. Nous mettons nos sous-vêtements thermiques et tentons de nous réchauffer. Je n’y arrive pas et suis à bout. Je pars à la recherche d’une couverture. C’est alors que je croise Didi … elle ne veut rien me donner. Je hausse le ton et finit par obtenir une couverture : très sale et minuscule. Ça fera l’affaire malgré l’aspect couverture de chiens !

Malgré le froid, nous arrivons à dormir un petit peu … mais au réveil, je suis aussi fatiguée que la veille. Nous ne voulons pas rester dans cette lodge une nuit de plus (nous avons prévu de rester à Gokyo 2 jours) et le récit de la nuit des garçons nous conforte dans notre choix : nous prenons notre sac (qui est déjà plié) et changeons d’hébergement de bon matin.

7 commentaires

  • Hey ! Bravo pour ce bel article, et bravo pour le trek !
    J’en ai aussi fait un dans le Langtang l’année dernière, mais uniquement de 5 jours. c’était même un peu frustrant, mon corps s’était à peine « mis en route ».
    En tous cas je suis ravie de découvrir votre blog,
    Aude

  • Vadrouille et Tambouille dit :

    Bienvenue à toi ! N’hésite pas à nous laisser des messages de temps à autres, ça nous fera plaisir !

  • Sabine dit :

    Vous êtes tout beaux !!! pas tjs cool d’être porteurs au Népal boudiou 🙁
    Des bisous…

  • Vadrouille et Tambouille dit :

    Merci Sab’

  • Ju dit :

    Félicitations pq ça a l’air méga physique.
    Les photos sont magnifiques, vous avez vraiment de la chance

  • Anaïs dit :

    les photos sont absolument superbes! Par contre j’ai pas compris pourquoi le porteur n’avait pas le droit de rentrer dans la place principale! on est plus au moyen âge, j’ai été choqué franchement.

  • Vadrouille et Tambouille dit :

    Business is business … et les guides dormaient dans une tente dehors, par -5 avec 2 couvertures pour 5 … c’est pour ça que nous avons changé de lodge le lendemain

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