Trek vers l’Everest : de Jiri à Sete

Nous ne pouvons plus reculer. Nous sommes le 21 octobre, nous sommes à Jiri. Il est 8h, nous avons avalé notre petit déjeuner, nos sacs de couchage sont rangés et notre sac à dos est prêt. Nous sortons les bâtons de marche, serrons nos chaussures, ajustons nos chapeaux et nous voilà fins prêts pour débuter cette aventure. En route pour la haute altitude !

J1 du trek : de Jiri (1 955 m) à Bhandar (2 190 m)

Le soleil est au rendez-vous pour ce premier jour de marche. Nous traversons la petite ville de Jiri (1 955 m) avant de nous enfoncer dans la forêt de pins qui longe la route. J’interroge Subash : « Pourquoi marchons-nous alors qu’il y a une route ? ». Question qui restera sans réponse !

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Ayant passé une dizaine de jours à Nagarkot, les paysages de rizières, de champs de maïs et les petits villages nous sont familiers … ce qui ne nous empêche pas d’apprécier la vue et la quiétude des lieux. Nous montons tranquillement et franchissons notre premier col à 2 343 m avant de redescendre vers Shivalaya (1 770 m), charmant petit village où nous déjeunons. C’est le jour de tournoi de volley-ball.

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Toujours sous le soleil, nous reprenons la route direction le second col de la journée culminant à 2 710 m : Deurali. Arrivés au sommet, nous hésitons à continuer notre chemin : il n’est « que » 14h45, la prochaine lodge est à environ 1h, 1h30 de marche mais le temps est menaçant. De plus, Rom a mal au ventre et la lodge de Deurali semble très bien.

Un bon thé chaud plus tard, sur les conseils de Didi qui nous avance qu’il ne pleut que sur le col de la montagne et non pas dans la vallée, ni dans la descente vers Bhandar, nous reprenons nos bâtons de marche sans oublier d’enfiler nos K-way … Après 5 min, le déluge commence et se transformera en pluie de grêles, merci Didi !

Nous arrivons tout de même à la lodge et après sa douche, Romain découvre avec stupeur une petite habitante sur son pied : une sangsue ! Même s’il semblerait que ça ne soit pas conseillé, Subash saisit la salière et saupoudre du sel sur la bête. En deux secondes, elle se décolle du pied de Rom. Elle n’aura pas le temps de finir son festin … qu’elle avait commencé, nous le comprendrons en voyant les tâches de sang sur la chemise de Romain, quelques heures plus tôt dans son dos !

Après un bon repas, cours de Français pour Subash et Polo : je corrige le cahier du premier et donne sa première leçon au second.

Didi
Au Népal, tout le monde est un peu frère et sœur et les gens utilisent des termes familiaux et amicaux pour s’adresser aux inconnus. Selon l’âge de la personne et la relation du moment (hiérarchique ou non notamment), les Népalais s’appellent entre eux « grande sœur », « maman » ou encore « papi ».

  • Grand frère / petit frère : Dhaï / Bhaï
  • Grande sœur / petite sœur : Didi / Bahini
  • Papa / Maman : Ba / Ama
  • Papi / Mamie : Bhaje / Bhajay
  • Fils / Fille : ChhorA / Chhori
  • Petit-fils / Petite-fille: Nati / Natini
  • Petit garçon / Petite fille: Babu / Nani

Lors de nos treks nous avons surtout entendu beaucoup de « Didiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii » et des « Ama », les lodges étant principalement tenus par des femmes.

J2 du trek : de Bhandar (2 190 m) à Sete (2 575 m)

Ce matin, après le petit-déjeuner, nous entamons notre journée par une descente vers le village de Kinja (1 630 m). Nous faisons de petites pauses salvatrices pour nos genoux et goûtons des agrumes que nous ne connaissons pas : mi-orange, mi-citron vert.

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Alors que je (Tatiana) m’arrête prendre une photo, il m’est quasiment impossible de repartir. Mon genou gauche se bloque. Il ne nous reste pas grand chose à parcourir pour arriver jusqu’à Kinja, mais ces derniers kilomètres, même sur du plat, seront pénibles. Nos dal bhat mettent une bonne heure à arriver ce qui nous laisse du temps pour nous reposer.

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Le trek de Jiri à Namche étant une succession de montées et de descentes (up and down), nous repartons pour une après-midi sportive : nous quittons Kinja (1 630 m) pour Sete (2 575 m).

Un peu plus de deux heures plus tard, nous arrivons à destination. Douche froide, lézardage au soleil, parties de Bagh Chal pour les garçons et lecture pour moi.

Comme à notre habitude, nous ne trainerons pas et irons au lit de bonne heure.

Le festival Tihar

La vie des Hindous est rythmée par les festivals religieux. Nous ne sommes au Népal que depuis quelques semaines, et après Dashain (que nous avons vu de loin), nous voilà plongés dans le deuxième plus important festival de l’année, le festival Tihar. Long de 5 jours, ce festival met à l’honneur les Dieux hindous, les humains mais aussi les animaux.

En ce premier jour de festival, les corbeaux sont à l’honneur. Des offrandes de bonbons et de nourriture leur sont faites. Pour les Hindous, les corbeaux symbolisent la mort et leur croassement la tristesse et le chagrin qui s’en suit. En leur faisant des offrandes, les Hindous espèrent maintenir la mort et la souffrance le plus loin possible de leurs maisons.

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